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[Dm]Ils errent par millions en de fa[A]méliques cohortes
nos mémoires leur ont tou[Dm]jours fermé la porte.
Ils n’ont pas connu de ces [A]destinées glorieuses,
n’ont vécu qu’des heures de mi[Dm]sère laborieuse.
[F]Aussi quand sur les tombes je lis [C]leurs noms “anonymes”,
[C7]sur les cénotaphes la lita[Dm]nie d’leurs patronymes,
[F]je crois bien entendre la rumeur [C]de leur déception
[C7]de connaître cette nouvelle spolia[A]tion.
[Dm A A7 Dm]
[Dm]Rien, de leur vivant, ne fut po[A]ssible sans leurs bras
mais notre mémoire semble leur [Dm]dire « bon débarras ».
Leurs vies sacrifiées sur l’au[A]tel du collectif
sombrent dans l’oubli, dans la co[Dm]lonne du passif.
[F]Pourtant par moments ils ont [C]su se faire entendre,
[C7]menant des combats qu’ils étaient [Dm]loin de comprendre.
[F]Plein d’abnégation ils ont a[C]rraché à leurs maîtres
[C7]à défaut d’bonheur quelques [A]miettes de bien-être.





